L'Amant, novela de Marguerite Duras publicada en 1984 por Les
Éditions du Minuit es un texto de contenido autobiográfico
en el que la autora relata su relación, cuando ella contaba quince
años "y medio" y vivía con su familia en la
Indochina francesa, con un joven chino, hijo de un rico hombre de negocios.
L'Amant relata una experiencia iniciática: el deseo como constructor
de la identidad del personaje. Es una experiencia de poder, de autoafirmación
tras el reconocimiento, que culmina en la literatura: este proceso lleva
a la autora/personaje a autoafirmar su independencia, ligada al cumplimiento
de su vocación literaria. Escritura y deseo y escritura del deseo
se imbrican en la obra de Marguerite Duras. Al cabo de una larga trayectoria,
la escritora relata no sólo el porqué sino el cómo
de su camino literario y personal. Una autobiografía "al
estilo de Duras" posee unos rasgos específicos, lo cual
me ha llevado a pensar en la posibilidad de caracterizar el género
autobiográfico como una modalidad de discurso didáctico,
de acuerdo con la clasificación contenida en Virtuts textuals,
ya que me ha interesado reconocer los aspectos de didactismo que contiene
una autobiografía, pues el texto dice cómo es lo que es
en el texto. Ése "lo que es es así" podría
ser constitutivo del género. También apunto algunas consideraciones
al tema de "la biografía como ficción", aprovechando
las reflexiones de Genette en "Estilo y significación"
y el resumen de teorías de Domínguez Caparrós,
El
texto
<<Je
porte une robe de soie naturelle, elle est usée, presque transparente.
Avant, elle a été une robe de ma mère, un jour
elle ne l'a plus mise parce qu'elle la trouvait trop claire, elle me
l'a donnée. Cette robe est sans manches, très décolletée.
Elle est de ce bistre que prend la soie naturelle à l'usage.
C"est une robe dont je me souviens. Je trouve qu'elle me va bien.
J'ai mis une ceinture de cuir à la taille, peut-être une
ceinture de mes frères. Je ne me souviens pas des chaussures
que je portais ces années-là mais seulement de certaines
robes. La plupart du temps je suis pieds nus en sandales de toile. Je
parle du temps qui a précédé le collège
de Saigon. A partir de là bien sûr j'ai toujours mis des
chaussures. Ce jour-là je dois porter cette fameuse paire de
talons hauts en lamé or. Je ne vois rien d'autre que je pourrais
porter ce jour-là, alors je les porte. Soldes soldés que
ma mère m'a achetés. Je porte ces lamés d'or pour
aller au lycée. Je vais au lycée en chaussures de soir
ornées de petits motifs en strass. C´est ma volonté.
Je ne me supporte qu'avec cette paire de chaussures-là et encore
maintenant je me veux comme ça, ces talons sont les premiers
de ma vie, ils sont beaux, ils ont éclipsé toutes les
chaussures qui les ont précédés, celles pour courir
et jouer, plates, de toile blanche.
Ce
ne sont pas les chaussures qui font ce qu'il y a d'insolite, d'inouï,
ce jour-là, dans la tenue de la petite. Ce qu'il y a ce jour-là
c'est que la petite porte sur la tête un chapeau d'homme aux bords
plats, un feutre souple couleur bois de rose au large ruban noir.
L'ambiguïté determinante de l'image, elle est dans ce chapeau.
Comment il était arrivé jusqu'à moi, je l'ai oublié.
Je ne vois pas qui me l'aurait donné. Je crois que c'est ma mère
qui me l'a acheté et sur ma demande. Seule certitude, c'était
une solde soldé. Comment expliquer cet achat? Aucune femme, aucune
jeune fille ne porte de feutre d'homme dans cette colonie à cette
époque-là. Voilà ce qui a dû arriver, c'est
que j'ai essayé ce feutre, pour rire, comme ça, que je
me suis regardée dans le miroir du marchand et que j'ai vu: sous
le chapeau d'homme, la minceur ingrate de la forme, ce défaut
de l'enfance est devenue autre chose. Elle a cessé d'être
une donnée brutale, fatale, de la nature. Elle est devenue, tout
à l'opposé, un choix contrariant de celle-ci, une choix
de l'esprit. Soudain, voilà qu'on l'a voulue. Soudain je me vois
comme une autre, comme une autre serait vue, au-dehors, mise à
la disposition de tous, mise à la disposition de tous les regards,
mise dans la circulation des villes, des routes, du désir. Je
prends le chapeau, je ne m'en sépare plus, j'ai ça, ce
chapeau qui me fait tout entière à lui seul, je ne le
quitte plus. Pour les chaussures, ça a dû être un
peu pareil, mais après le chapeau. Ils contradisent le chapeau,
comme le chapeau contredit le corps chétif, donc ils sont bons
pour moi. Je ne les quitte plus non plus, je vais partout avec ces chaussures,
ce chapeau, dehors, par tous les temps, dans toutes les occasions, je
vais dans la ville.>>1
La definición de discurso didáctico nos dice que "allò
que hi ha fora i allò sobre què versa és de naturalesa
abstracta, però és abstracte, definit i de contingut conceptualment
definible. Es presenta en imatges concretes que corresponen a un pensament
abstracte però definit"2.
Lo que hay "fuera" del texto de L'amant es la experiencia
inicial del deseo y la construcción que lleva a cabo la protagonista
de una identidad propia, diferenciada del resto del mundo y un proceso
de emancipación que ha de culminar en su actividad como escritora:
es la emergencia de un yo definido, inmediatamente posterior a su reconocimiento
en una imagen emblemática. Las imágenes en que se concreta
esta idea corresponden a la descripción de la indumentaria (vestido,
zapatos, maquillaje) como indicios de la construcción de una
imagen exterior identificadora y completa (por cuanto contiene lo esencial:
el cuerpo como signo comunicativo, como transacción significativa
con el mundo, como activación del deseo). Dentro de esa idea
abstracta, se incluye la realización de la personalidad como
un "alumbramiento" a partir del cual la narradora se hace
visible para el mundo y encuentra las claves de su diálogo con
él; su imagen -ella- circula, es decir existe, por las calles.
El deseo se hace equivalente de la vida, de lo que da la vida y puede
ubicarse en la realidad: las calles, como paradigma de lo exterior y
de la alteridad; por las calles circulan la vida, el deseo, intercambiables.
...
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