LA RETÓRICA COMO PRAGMÁTICA
COMENTARIO A L'AMANT, de Marguerite Duras

Literatura Comparada, curso 1995-1996

© Texto: María José Furió
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L'Amant, novela de Marguerite Duras publicada en 1984 por Les Éditions du Minuit es un texto de contenido autobiográfico en el que la autora relata su relación, cuando ella contaba quince años "y medio" y vivía con su familia en la Indochina francesa, con un joven chino, hijo de un rico hombre de negocios. L'Amant relata una experiencia iniciática: el deseo como constructor de la identidad del personaje. Es una experiencia de poder, de autoafirmación tras el reconocimiento, que culmina en la literatura: este proceso lleva a la autora/personaje a autoafirmar su independencia, ligada al cumplimiento de su vocación literaria. Escritura y deseo y escritura del deseo se imbrican en la obra de Marguerite Duras. Al cabo de una larga trayectoria, la escritora relata no sólo el porqué sino el cómo de su camino literario y personal. Una autobiografía "al estilo de Duras" posee unos rasgos específicos, lo cual me ha llevado a pensar en la posibilidad de caracterizar el género autobiográfico como una modalidad de discurso didáctico, de acuerdo con la clasificación contenida en Virtuts textuals, ya que me ha interesado reconocer los aspectos de didactismo que contiene una autobiografía, pues el texto dice cómo es lo que es en el texto. Ése "lo que es es así" podría ser constitutivo del género. También apunto algunas consideraciones al tema de "la biografía como ficción", aprovechando las reflexiones de Genette en "Estilo y significación" y el resumen de teorías de Domínguez Caparrós,

El texto

<<Je porte une robe de soie naturelle, elle est usée, presque transparente. Avant, elle a été une robe de ma mère, un jour elle ne l'a plus mise parce qu'elle la trouvait trop claire, elle me l'a donnée. Cette robe est sans manches, très décolletée. Elle est de ce bistre que prend la soie naturelle à l'usage. C"est une robe dont je me souviens. Je trouve qu'elle me va bien. J'ai mis une ceinture de cuir à la taille, peut-être une ceinture de mes frères. Je ne me souviens pas des chaussures que je portais ces années-là mais seulement de certaines robes. La plupart du temps je suis pieds nus en sandales de toile. Je parle du temps qui a précédé le collège de Saigon. A partir de là bien sûr j'ai toujours mis des chaussures. Ce jour-là je dois porter cette fameuse paire de talons hauts en lamé or. Je ne vois rien d'autre que je pourrais porter ce jour-là, alors je les porte. Soldes soldés que ma mère m'a achetés. Je porte ces lamés d'or pour aller au lycée. Je vais au lycée en chaussures de soir ornées de petits motifs en strass. C´est ma volonté. Je ne me supporte qu'avec cette paire de chaussures-là et encore maintenant je me veux comme ça, ces talons sont les premiers de ma vie, ils sont beaux, ils ont éclipsé toutes les chaussures qui les ont précédés, celles pour courir et jouer, plates, de toile blanche.

Ce ne sont pas les chaussures qui font ce qu'il y a d'insolite, d'inouï, ce jour-là, dans la tenue de la petite. Ce qu'il y a ce jour-là c'est que la petite porte sur la tête un chapeau d'homme aux bords plats, un feutre souple couleur bois de rose au large ruban noir.
L'ambiguïté determinante de l'image, elle est dans ce chapeau.
Comment il était arrivé jusqu'à moi, je l'ai oublié. Je ne vois pas qui me l'aurait donné. Je crois que c'est ma mère qui me l'a acheté et sur ma demande. Seule certitude, c'était une solde soldé. Comment expliquer cet achat? Aucune femme, aucune jeune fille ne porte de feutre d'homme dans cette colonie à cette époque-là. Voilà ce qui a dû arriver, c'est que j'ai essayé ce feutre, pour rire, comme ça, que je me suis regardée dans le miroir du marchand et que j'ai vu: sous le chapeau d'homme, la minceur ingrate de la forme, ce défaut de l'enfance est devenue autre chose. Elle a cessé d'être une donnée brutale, fatale, de la nature. Elle est devenue, tout à l'opposé, un choix contrariant de celle-ci, une choix de l'esprit. Soudain, voilà qu'on l'a voulue. Soudain je me vois comme une autre, comme une autre serait vue, au-dehors, mise à la disposition de tous, mise à la disposition de tous les regards, mise dans la circulation des villes, des routes, du désir. Je prends le chapeau, je ne m'en sépare plus, j'ai ça, ce chapeau qui me fait tout entière à lui seul, je ne le quitte plus. Pour les chaussures, ça a dû être un peu pareil, mais après le chapeau. Ils contradisent le chapeau, comme le chapeau contredit le corps chétif, donc ils sont bons pour moi. Je ne les quitte plus non plus, je vais partout avec ces chaussures, ce chapeau, dehors, par tous les temps, dans toutes les occasions, je vais dans la ville.
>>1


La definición de discurso didáctico nos dice que "allò que hi ha fora i allò sobre què versa és de naturalesa abstracta, però és abstracte, definit i de contingut conceptualment definible. Es presenta en imatges concretes que corresponen a un pensament abstracte però definit"2.

Lo que hay "fuera" del texto de L'amant es la experiencia inicial del deseo y la construcción que lleva a cabo la protagonista de una identidad propia, diferenciada del resto del mundo y un proceso de emancipación que ha de culminar en su actividad como escritora: es la emergencia de un yo definido, inmediatamente posterior a su reconocimiento en una imagen emblemática. Las imágenes en que se concreta esta idea corresponden a la descripción de la indumentaria (vestido, zapatos, maquillaje) como indicios de la construcción de una imagen exterior identificadora y completa (por cuanto contiene lo esencial: el cuerpo como signo comunicativo, como transacción significativa con el mundo, como activación del deseo). Dentro de esa idea abstracta, se incluye la realización de la personalidad como un "alumbramiento" a partir del cual la narradora se hace visible para el mundo y encuentra las claves de su diálogo con él; su imagen -ella- circula, es decir existe, por las calles. El deseo se hace equivalente de la vida, de lo que da la vida y puede ubicarse en la realidad: las calles, como paradigma de lo exterior y de la alteridad; por las calles circulan la vida, el deseo, intercambiables.

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Para consultar el texto completo, contacte: info@mariajosefurio.com (€)

Lecciones de Literatura Universal. Cátedra, 1995. pp. 735-749

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